La Statue Notre Dame de la Salette de Fleurange Félix.
Notre Dame de La Salette.
Le 26 mai 1999, Denise, Maisie et moi-même, nous avons été en pèlerinage à Notre Dame de La Salette. J’ai parcouru les 80 kilomètres de Grenoble au sanctuaire de la Salette avec mon petit neveu Frédéric, qui est aujourd’hui docteur, et son père Dany. Mon frère Max, malade était resté à Grenoble. Il avait organisé ce pèlerinage à notre intention.
Ma mère avait fait construire une grotte Notre Dame de la Salette à Beau Bassin ; au lieu de son domicile Rue Napier Broome, où mon père Maxime Félix est mort. Elle avait installée une statue de Notre Dame de la Salette acheté par mon frère Max, que ma sœur Jenny avait ramené de la Salette.
La maison familiale ayant été vendue, la statue de Notre Dame de La Salette est restée avec ma soeur Jenny , puis avec ma sœur Maud, qui me l’a confié avant de s’établir en Nouvelle zélande ou elle devait mourir. La statue est maintenant placée dans ma grotte de Quatre Bornes.
L’apparition de La Salette.
Le samedi 19 septembre 1846, la Vierge Marie est apparue à Mélanie Calvet, 14 ans et Maximin Giraud, 11 ans, originaire de Corps ( Isère ), qui gardaient les troupeaux de leurs parents respectifs, au Mont Planeau de La Salette.
Sur les pentes du mont Sous-les-Baisses, chacun poussait son troupeau de quatre vaches, avec en plus, pour Maximin, sa chèvre et son chien Loulou. Ils ne se connaissaient que depuis la veille.
C’était des enfants pauvres et analphabètes. Ils ont soudainement vu une grande clarté près d’une source tarie et ont distingué la Vierge qui était assise, la tête entre les mains et les coudes sur les genoux. Elle est vêtue comme les femmes de la région: longue robe, grand tablier à la taille, fichu croisé et noué dans le dos, bonnet de paysanne. Elle portait un bonnet abaissé sur les yeux. Sa longue robe blanche descendait jusqu’aux pieds.
Toute la clarté dont elle était formée venait du Crucifix sur sa poitrine qui était entouré d’un marteau et des tenailles ? Sur ses épaules se trouvait une lourde chaîne. Une chaîne plus fine retenait le crucifix éblouissant. Elle portait aussi des guirlandes de roses aux pieds. La Vierge était toute en larmes.
Elle s’est levée et leur a parlé en français et en patois, sans cesser de pleurer, et a ensuite disparu, dans la lumière.
« Je vous ai donné six jours pour travailler, je me suis réservé le septième, et on ne veut pas me l’accorder. C’est ça qui appesantit tant le bras de mon Fils.
Il y a aussi ceux qui mènent les charrettes et ne savent pas jurer, sans mettre le nom de mon Fils au milieu. Ce sont les deux choses qui appesantissent tant le bras de mon Fils. Si la récolte se gâte, ce n’est rien que pour vous autres. Je vous l’avais fait voir l’année dernière par les pommes de terre, vous n’en avez pas fait cas.
C’est au contraire, quand vous trouviez des pommes de terre gâtées, vous juriez, vous mettiez le nom de mon Fils
« Vous ne comprenez pas, mes enfants, je vais vous le dire autrement. Si vous avez du blé, il ne faut pas le semer, tout ce que vous sèmerez, les bêtes le mangeront et ce qui viendra tombera tout en poussière quand on le battra. Il viendra une grande famine. Avant que la famine ne vienne, les petits enfants au-dessous de sept ans, prendront un tremblement et vont mourir entre les mains des personnes qui les tiendront. Les autres feront pénitence par la famine. Les noix deviendront vides, les raisins vont pourrir. »
Après avoir parlé en secret avec Maximin, puis à Mélanie, la Belle Dame a poursuivi son discours.« S’ils se convertissent, les pierres et les rochers deviendront des monceaux de blé et les pommes de terre seront ensemencées. »
« Faites -vous bien votre prière mes enfants ?
- Pas beaucoup Madame
« Ah, mes enfants ! Il faut le faire soir et matin, ne diriez vous seulement un Pater et un Ave Maria, quand vous ne pouvez pas mieux faire. Et quand vous pourrez mieux faire, il faut en dire davantage.” « L’été, il ne va que quelques femmes un peu âgées à la messe. Les autres travaillent le dimanche tout l’été, et l’hiver, quand ils ne savent que faire, ils ne vont à la Messe que pour se moquer de la religion. Le Carême, ils vont à la boucherie comme des chiens. » « Avez vous vu le blé gâté, mes enfants ?”
- « Non -Madame ! »
« Mais vous, Maximin, mon enfant, vous devez bien en avoir vu une fois, au Coin, avec votre père. Le maître du champ avait dit à votre père de venir voir le blé gâté. Vous y êtes allés. Votre père a pris deux ou trois épis de blé dans sa main, les a froissés et ils sont tous tombés en poussière. En revenant, quand vous n’étiez plus qu’a une demi-heure de Corps, votre père vous a donné un morceau de pain en vous disant : Tiens, mon petit, mange encore du pain cette année, car je ne sais pas qui va en manger l’an qui vient si le blé continue comme ça.”
« Ah ! Oui, Madame, Je me rappelle à présent, je ne m’en rappelais pas tout à l’heure. » « Allons mes enfants, faites le bien passer à tout mon peuple. »
La Vierge a alors révélé un secret à chacun des enfants. Cette apparition de la Sainte Vierge a des paysans illettrés a été d’abord accueillie avec incrédulité par les gens du pays et les autorités religieuses. Les propos de la Vierge dans le patois du pays, touchant de près la réalité quotidienne, semblaient alors invraisemblables. Les enfants ont été longuement interrogés par l’abbé Melin, puis par l’abbé Perrin, curé de la Salette. Mgr Melin aurait finalement déclaré. « Je n’ai rien pu découvrir ce qui dénote le moins du monde la supercherie ou le mensonge. » L’évêque de Grenoble a ouvert une enquête canonique le 19 juillet 1847.
Entre-temps des pèlerins ont afflué sur les lieux de l’apparition et on a constaté plusieurs guérisons miraculeuses parmi les malades venus se recueillir en grand nombre et prier la Sainte Vierge Trois ans plus tard, après des enquêtes rigoureuses, et l’interrogation des témoins, le 19 septembre 1851, Mgr Philibert de Bruillard, évêque de Grenoble a proclamé l’authenticité de l’apparition dans une lettre pastorale.
« Quel que soit l’importance attaché à ce sanctuaire, il y a quelque chose de plus important, notamment les ecclésiastiques qui en auront la responsabilité de s’en occuper et de recevoir les pieux pèlerins, de leur prêcher la parole de Dieu, de leur donner la confession et l’Eucharistie et d’être envers tous les porte paroles des mystères de Dieu et les trésors spirituels de l’Eglise.
Ces prêtres seront nommés Les Missionnaires de Notre Dame de la Salette, leur institution et leur existence sera comme le sanctuaire lui-même un monument éternel, souvenir perpétuel de l’Apparition. »
Des Saints et des écrivains célèbres ont été apparemment marqués par les messages de La Salette. On peut citer: Don Bosco, le curé d’Ars, Claudel, Mauriac. Quatre ans après ces événement, Mélanie et Maximin ont révélé au pape Pie IX, les secrets que la Vierge les aurait confiés.
Le pape aurait déclaré à un journaliste curieux qui l’avait interrogé sur le contenu des messages de la Vierge, qu’il était question d’expiations et de maux futurs. Mélanie n’aura jamais pu prononcer ses vœux, chez les Sœurs de la Providence. Elle est morte dans un couvent en 1904. Maximin, a vécu une vie tourmentée, ayant changé plusieurs fois d’occupation. Il s’adaptait difficilement à l’existence quotidienne et a terminé ses jours dans la pauvreté, sans avoir renié ses déclarations.
Sa description de la Sainte Vierge lors de l’apparition est plutôt étonnante.
« Dans son beau costume, il n’y avait rien de terrestre, les rayons, les nuances différentes s’entrecroisaient produisant un magnifique ensemble que nous avons amoindri, matérialisé. C’était une lumière mais bien différente de toutes les autres, une parole mais différente. »
Le pape Jean Paul II a adressé le 6 mai 1996 à l’Eglise de la Réunion où Notre Dame du Rosaire est un lieu de culte très recherché, un message particulier.« Marie Mère pleine d’amour, a montré en ce lieu sa tristesse devant le mal moral de l’humanité. Par ses larmes elle nous aide à mieux saisir la douloureuse gravité du péché, du rejet de Dieu mais aussi la fidélité passionné que son Fils garde envers ses enfants. Lui le Rédempteur dont l’amour est blessé par l’oubli et les refus. »
Le pape fera mention du rayonnement de l’événement de la Alette. « Les paroles de Marie à La Alette, par leur simplicité et leur rigueur, gardent une réelle actualité, dans un monde qui subit toujours les fléaux de la guerre et la faim, et tant de malheurs qui sont des signes et souvent des conséquences du péché des hommes.»
Le 8 décembre 1993, le pape Jean Paul II, parlant de la Vierge à Rome a utilisé entre autres appellations celle de « Mère de La Alette ». Dans son homélie à l’occasion de l’inauguration du sanctuaire de la Madone des larmes de Syracuse, le 6 novembre 1994, le pape Jean Paul II a dit: « Les larmes de Marie se font voir lors des apparitions par lesquelles elle accompagne l’Eglise de temps en temps à travers le monde. Marie a pleuré à La Alette au milieu du dernier siècle pendant une période où la chrétienté en France faisait face à une hostilité grandissante. Elle pleure encore, ici à Syracuse à la fin de la deuxième guerre. Il est possible d’interpréter ces larmes devant ces événements tragiques. Les immenses massacres provoqués par la guerre, les exterminations des fils et des filles d’Israël, les menaces pour l’Europe venant de l’Est, de l’athéisme avoué du communisme. Les pleurs de la Vierge sont dans le domaine des signes. Ils témoignent de la présence de la Vierge dans l’Eglise et dans le monde. Une mère pleure quand elle voit ses enfants menacés par le mal, que ce soit physique ou spirituel. Marie pleure quand elle partage les larmes du Christ sur Jérusalem, sur la tombe de Lazare où en allant au calvaire. »
Voici quelques passages de la lettre du pape Jean Paul II à Monsigneur Louis Dufaux, évêque de Grenoble à l’occasion du 150e anniversaire de l’apparition de La Salette, Vatican, 6 mai 1996.
« Le diocèse de Grenoble et les missionnaires de la Salette et beaucoup de fidèles à travers le monde vont célébrer le cent cinquantième anniversaire de l’apparition de la Bienheureuse Vierge sur ce sommet des Alpes ou les messages ont été continuellement propagés. Cette commémoration a un grand potentiel en grâces et je voudrais la partager avec les pèlerins qui viennent vénérer la Mère de Notre Seigneur sous le vocable Notre Dame Réconciliatrice des pécheurs.
Mère de Notre Sauveur, Mère de l’Eglise, Mère de tous, Marie accompagne chacun de nous dans le pèlerinage de la vie. La préparation du grand jubilé de la Rédemption s’intensifie, et cette année, consacrée à l’anniversaire de l’apparition de Marie à Maximin et Mélanie, représente un pas significatif en avant. Ici, Marie, une Mère pleine d’amour, a manifesté son chagrin face au mal moral de l’humanité. Ses larmes nous aident à mieux comprendre la pénible gravité du péché, le déni de Dieu et aussi la fidélité passionnelle que son Fils, le Sauveur maintient envers ses enfants en dépit d’un amour blessé et rejeté. »
« La Vierge nous invite à la pénitence, à persévérer dans la prière et particulièrement à observer fidèlement le dimanche. Par le témoignage de deux enfants, elle demande que son message soit connu par tous. En effet, la voix des enfants a été entendue. Les pèlerins sont venus. Il y a eu des conversions ». Le pape a demandé aux Missionnaires de la Salette et aux sœurs de La Salette de poursuivre leurs efforts pour demander aux fidèles de renouveler la vie chrétienne
« Marie est aussi présente aujourd’hui dans l’Eglise qu’elle l’avait été au calvaire, au jour de la Résurrection, au jour de la Pentecôte. A La Salette elle a mentionné la constance de la prière dans le monde: Elle n’abandonnera jamais le peuple qui a été créé à l’image de Dieu, ceux à qui il a été donné d’être nommés les enfants de Dieu. (Jean 1:12). Qu’elle guide toutes les nations du monde vers son Fils! »
Distance: 83 km depuis Grenoble.
Monfrère Max qui avait organisé notre pèlerinage à N Dame de la Salette n n”a pas pu nous accompagner. Il est mort en 1999. . *
Le fils de Max, Mick qui était mèdecin est mort en 2009.
Notre Dame de la Salette priez pour eux qui ont vécu lonhtemps à Grenoble.
Max est venu plusieurs fois à Maurice, son pays natal. Mick y est venu seulement dans son enfance.

